La grotte Chauvet découverte en 1994 a révolutionné l'histoire de l'art et nos regards sur les premières expressions artistiques des Homo Sapiens. Les oeuvres pariétales ("rock art" en anglais) de cette grotte font parties des plus anciennes images connues de l'Humanité (38 000 ans) et artistiquement les plus abouties.
L'état exceptionnel de conservation de la grotte, maintenant scellée pour sa protection permet de relier ces témoins artistiques avec les fréquentations animales de la grotte et son évolution avant, pendant et après les occupations humaines. Elle a été classée au Patrimoine mondial de l'Humanité (UNESCO). Et depuis ce classement, un « plan de gestion » a été mis en place afin d'assurer l'intégrité du bien et le bon état de conservation de la grotte.

Ce plan associe les services de l'Etat (Conservation grotte Chauvet), les collectivités territoriales et les scientifiques. Ce projet intègre cette dimension par une demande de diagnostic des vulnérabilités de la grotte, l'analyse des principaux risques naturels et de leurs impacts sur les différents patrimoines qui y sont contenus.
Ces actions ne sont pas encore lancées pour les risques naturels et l'installation de matériel instrumental permettant le suivi scientifique de l'impact climatique et sismique. Elles seront menées en étroite coopération avec le service de la Conservation afin de répondre aux enjeux actuels de gestion et d'anticiper les risques à venir pour la cavité et pour sa transmission.

Deux champs d'action seront développés durant ce programme et leur développement proposé à une demande de financement ANR France en 2019 et H2020 Europe en 2020 :
  • le premier porte sur l'ensemble de la cavité, le mystère des désordres morphologiques de la salle Brunel et les effets du changement climatique en termes de climatologie souterraine, de transfert des flux depuis la surface
  • le deuxième porte sur la définition d'une approche intégrée des risques associée à un monitoring de la cavité

Enjeux

  • Démontrer que les Incas au Pérou ou les Romains en France ont vécu puis intégré les risques sismiques aux efforts de résilience de leur société. Qu'ils les ont pris en compte dans la rénovation et la reconstruction post désastre, et que l'on doit apprendre à reconnaitre ces efforts passés et à nouveau protéger notre patrimoine. Cette mémoire s'est probablement perdue du fait de la récurrence de plusieurs centaines d'années des évènements extrêmes supérieure à la mémoire humaine (crues et séismes, changements de température).
  • Quand l'histoire du site remonte à plusieurs dizaines de milliers d'années, apprendre à reconnaitre les dommages sismiques et climatiques passés dans les grottes (sites mémoires par définition) pour permettre leur protection et leur transmission.
  • Préciser quels séismes a subi la grotte de Chauvet en 38 000 ans, instrumenter l'entrée et les salles pour le suivi climatique et son impact sur le patrimoine peint de la grotte qui même scellée est extrêmement sensible aux changements de température et d'humidité.
  • Communiquer nos résultats jusqu'à la société civile, la préfecture et les conservateurs en charge des sites (inclus dans le projet) pour qu'ils puissent intégrer et « re » connaitre cette capacité de résilience passée propre au patrimoine qu'ils protègent et exploitent.
  • Pour développer et disséminer un nouveau protocole pilote de prise en compte des risques naturels pour la conservation du patrimoine avec les entreprises partenaires du Cluster Montagne et les chercheurs (Geolithe et ISTerre).
  • Analyser la perception du risque, la pression anthropique et l'impact sur le tourisme en développement exponentiel sur ces sites emblématiques.
  • Créer une compétence économique unique au monde dans le bassin Grenoblois avec le Cluster Montagne et soutenir les demandes de plan de préservation intégrant le risque sismique.
Mis à jour le  14 janvier 2021